La nature et la pensée, texte de Michel Dakar, chercheur en politique globale, autonome, écrit à Villequier le 16 juillet 2017.
http://www.le-totalitarisme-en-copropriete.net/la-nature-et-la-pensee.html


Ce titre est aussi celui d'une des œuvres dernières de Gregory Bateson, œuvre qui est particulièrement absconse, qui ne peut se comprendre qu'en s'abandonnant à un sens plus profond et plus global que l'intellect,
plus direct, plus en contact avec le global et le fondamental, un sens qui est supérieur à ce qu'on nomme en Occident les fonctions cérébrales supérieures, et qui n'est pas encore reconnu ni même pressenti par la science occidentale, mais que les indiens, les chinois, et les populations dites primitives telles les aborigènes d'Australie déjà maîtrisent.

Ce texte est dans la continuité de l'oeuvre de Bateson, et est une variation de point de vue, de sensiblité et d'expression, sur le même thème.

La vie est un être unique.

L'univers est une vie unique, un être unique.

L'univers est une forme de la vie, l'une des formes de la vie, l'univers est un élément particulaire de la vie. L'ensemble des univers particuliers constituent une vie unique.

Tout ce qui compose l'univers, notre univers, est une particule de cet univers.

Il n'y a pas de formes individuelles de la vie, il n'y a que des particules de la vie.

Pour illustrer, mon chat qui vient de capturer un oiseau et qui vient de nous l'amener encore vivant, pour nous le montrer avant de le manger, et cet oiseau, sont un même être, un être unique, ils sont une vie unique, ainsi que moi-même, qui crie après le chat parce qu'il n'a pas tué immédiatement l'oiseau et qu'il le laisse souffrir.

Pour illustrer d'une seconde façon, les cellules qui constituent le corps d'un individu humain ou autres, sont un même être, une même vie, que le corps dans son ensemble avec lequel elles sont manifestement en contact, que l'ensemble des humains et des autres espèces, que l'ensemble des planètes, des atomes, des énergies et autres. Tout ce qui existe, quelle que soit sa forme apparente, simple ou complexe, sont des particules d'une vie unique.

La connaissance dite scientifique, actuelle, recherche de la réalité fondée sur l'observation et non la fuite dans une construction imaginaire comme sont les religions, observe que l'être unique vie qui est ce qu'on dénomme l'univers, semble avoir commencé à se manifester il y a environ 15 milliards d'années terrestres.

On ne doit pas dire que la vie est apparue, ou née il y a 15 milliards d'années, car l'univers n'est sans aucun doute qu'une particule de l'être unique qu'on peut dénommer Vie.

On ne doit pas non-plus dire que l'univers a été créé, car cette particule de vie appartient à la Vie, qui est sans doute au-delà de nos concepts, « terre à terre », limités, ethnocentriques, de naissance et de création.

On ne doit pas parler de « dieu » ayant créé l'univers, car c'est encore un de nos concept ethnocentrique limité, parental.

Si c'était les fourmis qui avaient accédées au niveau des capacités intellectuelles dont dispose l'humanité, elles décriraient peut-être l'univers en des termes et des concepts projetant le contexte de la fourmillière, du moins si elles seraient aussi bornées que l'humanité.

Pour en venir au politique, et au chat et à l'oiseau, vivre à la campagne, avec de nombreux animaux en liberté, comme l'auteur de ce texte, est d'une aide immense pour comprendre l'univers, et les gens des villes, qui constituent maintenant la majeure partie des humains, sont des êtres atrophiés qui sont coupés du réel, et cela va poser d'immenses problèmes.

La Vie sur la planète terre s'est organisée sur un mode cruel, bien évoqué par cette anecdote du chat et de l'oiseau.

C'est à l'espèce particulière qui accède à un niveau intellectuel suffisant que de modifier ce mode terrible, et l'espèce humaine pour le moment n'y parvient pas, et même au contraire, aggrave la crauté de ce mode d'être.

La Vie est comme un enfant qui apprend à être.

La Vie s'exprime par nous, et dans ce texte à travers son auteur.

Encore une fois, il n'y a pas de guide, de loi divine, de dieu, la Vie cherche, essaye, apprend, se trompe, réessaye, peut arrêter d'avancer dans une direction, faire chemin arrière, abandonner une de ses manifestations particulières comme celle humaine si elle se révèle inadéquate à modifier le mode d'être habituel et cruel, inadéquate à ce niveau de capacités intellectuelles.

Il faut évoquer ce que nous humains dénommons la conscience, car on pense en général, du moins les plus limités d'entre nous, qui sont largement majoritaires hélas, que nous sommes la seule espèce douée de conscience.

Tout d'abord, il ne s'agit pas de notre conscience, mais de la conscience de la Vie, et donc de toutes les autres formes apparentes de la Vie, donc, conscience du chat, de l'oiseau, des plumes de l'oiseau, des crocs du chat, des atomes du chat, de ceux de l'oiseau, de l'énergie du chat, de celle de l'oiseau, de la lumière du soleil qui me permet de voir le chat mangeant l'oiseau etc …

Le concept de conscience n'a pas de sens, car Vie, conscience, sont un.

Comme le concept de mort, qui ne repose sur rien, car chaque particularité de la Vie qui disparaît n'est pas la disparition de la Vie unique, pour laquelle les concepts de naissance et de mort ne s'appliquent pas.

D
e même qu'il n'y a pas de mort ni de naissance, il n'y a pas de bien et de mal, d'ennemi et d'ami, de vainqueur et de vaincu, de victoire et de défaite, de loin et de près, d'ici et d'ailleurs, de soi et d'autre. Il n'y a aucun programme, aucune direction, ni passé, ni présent et ni avenir.

Ce qu'on nomme nirvana yogique, accomplissement bouddhiste et taoiste, transe chamanique, est quand une manifestation particulariste de la Vie s'identifie avec la Vie dans sa totalité, et abandonne son carcatère particulariste.

Il se peut que ce qu'on nomme les animaux, entrent spontanément dans cet état, c'est même très probable, pour ceux qui côtoient quotidiennement les dits animaux.

Non seulement l'humain aggrave le mode cruel que la Vie a mis en œuvre jusqu'alors, mais l'humain amplifie cette cruauté jusqu'à l'infini, et y ajoute l'absurdité, la dysharmonie, la laideur, la morbidité, l'imbécillité, le grotesque. Ce que l'humain a créé est l'enfer.

Quand on éprouve le sentiment d'amour envers autrui ou quelque chose, c'est de même une évolution vers un état d'a-particularisation.

A l'inverse, la haine et la fuite dans l'imaginaire, comme dans les religions ou l'évasion généralisée par les médias ou autres, tel l'univers dit virtuel actuel, est la plongée dans un état de particularisation renforcé.

Cet état de particularisation renforcé a été examiné et documenté par Ronald David Laing, et exposé dans son livre Le moi divisé.

Cet état de particularisation renforcé est spécifique de la société occidentale judéo-chrétienne. Bizarrement, le message du personnage mythique juif dit Jésus, dont il est quasi certain qu'il n'a pas existé, est une tentative de révolte contre cette montée de la particularisation, de la division du moi dénoncée par Laing. Bizarrement, Jésus a été à l'origine d'une religion parmi les plus génératrice de divisions intérieures. On peut considérer Jésus, comme un dissident à la fois du judaïsme et du christianisme. Si il revenait, il serait au goulag, à la fois chez les juifs et les chrétiens.


Michel Dakar