Suite de la recherche entreprise par Ronald D. Laing, et présentée dans son ouvrage : Le Moi divisé, publié en 1959, par Michel Dakar, le 29 mai 2017.
Adresse de cette page internet :
http://www.le-totalitarisme-en-copropriete.net/le-moi-divise-analyse-documentation-1.html

A travers le cas de l'affaire de la copropriété du 30-32 rue du Vieux Palais à Rouen, qui donne son titre à ce site, voici une analyse des éléments contenus dans la documentaion n°1.

Sommaire de la documentation n°1 :

1 - Lettre du Ministère de l'Intérieur français, datée du 5 mai 2017.
2 - Lettre de la Préfecture de Rouen datée du 22 mai 2017.
3 - Réponse datée du 29 mai 2017 au Ministère.
4 - Scan des pages 18 et 19 du livre de Laing, Le Moi divisé.

Adresse internet de la documentation n°1 :
http://www.le-totalitarisme-en-copropriete.net/le-moi-divise-documentation-1.html


Analyse de la documentation n°1


Cette série de pièces expose un exemple d'état structurel social et psychologique de rupture totale.

La rupture là exposée est précisemment entre l'administration et un individu extérieur à l'administration, mais pour qu'un état de rupture aussi radical puisse exister, c'est que cette rupture est aussi présente entre les membres de l'administration, et est aussi constitutive de chaque membre de l'administration.

Cet état de rupture externe et interne, structurel, d'un ordre socio-psychologique fondé sur le principe de la rupture, se manifeste dans cette affaire de la copropriété du Vieux-Palais à Rouen, par cet échange de courrier, un échange purement fictif, où personne ne se rencontre, où le message n'est pas transmis à son destinataire, et où le destinataire ne reçoit pas le message, où personne n'entend l'autre, et où personne ne parle à l'autre.

Cela évoque l'oeuvre de Kafka, et une adaptation cinématographique du Procès, par Orson Wells.

Le seul message vrai, est implicite. Ce message est le suivant. On ne te parles pas, tu ne dois pas nous parler. Le dialogue écrit qui est établi entre nous est purement formel, et ne sert qu'à camoufler le mur qui existe entre nous, ce camouflage de non-dialogue n'étant qu'une partie du mur qui interdit le dialogue.

Au fond, le travail essentiel de l'appareil administratif, est d'interdire le dialogue au sein de la société. C'est son réel objectif, caché. Cet objectif est le maintien de la rupture, entre les individus, et au sein de chaque individu. C'est aussi ce qui transparaît dans l'oeuvre de Kafka, qui ne traite que de l'appareil du pouvoir, l'appareil judiciaire, administratif, et le lieu même du pouvoir, le château.

Il faut encore là préciser que ce camouflage de dialogue, qui n'est qu'une partie du mur qui interdit tout dialogue, est aussi présent entre les membres de l'administration, et aussi au sein même des individus constituant le corps des fonctionnaires.

Il n'est pas anodin qu'en 2016, un code de déontologie de l'administration ait été publié. Il ne s'agit encore là, que d'un camouflage du non-dialogue entre fonctionnaires, et aussi, d'un renforcement du dispositif interdisant le dialogue entre fonctionnaires. Ce renforcement du dispositif assurant la rupture entre individus apparaît à un moment où l'Etat français, et plus généralement, les Etats du bloc occidental, sous domination américano-sioniste, sont entrés dans une ère de dissimulation exponentielle, de procédés absolument inavouables, de secret absolu, ces dispositions ne pouvant exister que si l'état de rupture est renforcé, entre les individus et au cœur même de chaque individu, et aussi entre l'individu et le monde.

Par hasard, cette copropriété assemble de façon contrainte, cet agent de l'Etat dont il est question dans les courriers, et moi-même, dans un non-dialogue absolu qui est la norme sociale, alors que paradoxalement, en ce qui concerne l'Etat et moi-même, le lien existe, au point d'être devenu si intime, qu'on ne peut parler de domaine, de vie privée dans mon cas.

Mais comme le principe qui régit cet ordre socio-psychologique est la rupture, tout va continuer comme si cette sorte de symbiose entre moi-même et des services de l'Etat n'existait pas.

Pour finir, cet agent de l'Etat (de l'état de rupture totale, interne et externe), exprime même par sa gestuelle l'état de rupture qui fonde l'ordre normal socio-psychique. Elle ne regarde pas ses interlocuteurs quand elle leur parle, et au lieu de dire « il », dit « on », par exemple, il m'a dit devient on m'a dit.

Cette exposition physique exacerbée de l'état de rupture renvoit au passage du Livre de Laing, Le Moi divisé, en haut de la page 19 scannée, passage relatif au mensonge :

« Comment même dire ce que signifie « se cacher quelque chose à soi-même » ou « se mentir à soi-même » en parlant de barrières entre deux parties d'un système mental ? ».

Car ce qui permet au mensonge d'exister, est cet état de rupture, ce mur qui structure l'univers mental général. De chaque côté du mur, on ignore ce qui existe de l'autre côté. On peut ainsi mentir sur ce qui existe de l'autre côté du mur, puisqu'on ne pourra aller vérifier. Le mensonge ne peut donc pas exister sans le mur.

Le mensonge renvoit aux extraits du livre Le Moi divisé, scannées sur ce site, où il est question du faux-moi, et de l'infini fracture internes au moi et au faux-moi, fracturation dont le principe est le fractal, allant jusqu'à la mort du moi, la mort psychique.

Cette copropriété est un microcosme, une transposition fidèle et rare à une échelle très réduite de la société globale, le macrocosme. C'est ce qui fait sa richesse comme terrain à explorer, dans l'objectif de la continuation de l'oeuvre de Laing.

Ainsi, on se trouve en présence de gens qui ne peuvent plus rien faire d'autre que de mentir. Le mensonge est devenu la vérité, comme dans les slogans du livre d'Orwell, 1984, et pour rappel, voici les suivants : la liberté c'est l'esclavage, l'amour c'est la haine, l'ignorance c'est la force, la guerre c'est la paix.

On y vient à grands pas.

Tirée du livre 1984, la phrase suivante résume l'état normal psychique de la population en cours d'installation, lorsque l'officier de la police de la pensée dans la chambre louée reprend le couple dissident dont l'un des membres dit à l'autre «  « Nous sommes des morts », « Vous êtes des morts ».

Ce site aurait pu aussi s'intituler : Voyage au pays des morts.



Compléments :


1 - Filmographie succincte en rapport avec le sujet du texte :

- Enquête sur un citoyen au-dessus de tout soupçon. Elio Petri.
- Léviathan. Andreï Zviaguintsev.
- Suspiria. Dario Argento (les morts commandent aux vivants).



2 - Poème de Pierre Louÿs, extrait de son recueil de faux poèmes grecs antiques Les chansons de Bilitis.


La petite marchande de roses

Hier, m'a dit Naïs, j'était sur la place, quand une
petite fille en loques rouges a passé, portant des roses,
devant un groupe de jeunes gens. Et voici ce que j'ai
entendu :

« Achetez-moi quelque chose – Expliques-toi,
petite, car nous ne savons pas ce que tu vends : toi ? tes
roses ? ou tout à la fois ? – Si vous m'achetez toutes
ces fleurs, vous aurez la mienne pour rien.

– Et combien veux-tu de tes roses – Il faut six
oboles à ma mère ou bien je serai battue comme une
chienne – Suis-nous. Tu auras une drachme. –
Alors je vais chercher ma petite sœur ? ».

Et toutes deux ont suivi ces hommes. Elles n'avaient
pas de seins, Bilitis. Elles ne savaient même pas
sourire. Elles trottaient comme des chevreaux qu'on
emmène à la boucherie.


Filmographie relative au poème de Pierre Louÿs :
Prostitution. Jean-François Davy.

Nota :
Concernant le poème de Pierre Louÿs et le film de Jean-François Davy, il s'agit d'illustrer ce que les manipulateurs du site des services américains http://sott.net dénoment les « surmorts » et la ponérologie, par des exemples de ce qu'ils ne peuvent ressentir, amputés qu'ils sont des nerfs et du cœur, et de contrer leur travail qui consiste à transformer l'ensemble des humains à leur image.

Le vrai travail est celui-ci : expulser les surmorts du monde des vivants.